La série Rêverie examine la relation entre la représentation photographique et la perception émotionnelle.
Si les images techniquement parfaites peuvent documenter une scène avec précision, leur perfection peut les empêcher de communiquer l’émotion que celle-ci provoque.
La tension entre la clarté visuelle et la vérité émotionnelle est devenue le point de départ conceptuel de cette série.
Les expositions longues et le mouvement intentionnel de l'appareil (Intentional Camera Mouvement, ou ICM) suppriment les détails et ne conservent que les éléments essentiels d’une scène : les formes, contrastes, mouvements et couleurs. Libérées de tout détail, les photographies deviennent des expériences partagées.
Une traînée de couleur devient un chemin que le spectateur a autrefois emprunté. Le mouvement d'un enfant devient l'écho d'une toute autre enfance. Chaque personne interprète l'image sous le prisme de sa propre histoire, et la photographie devient un lieu où différentes vies se côtoient sans jamais s'être croisées.

édition de 15 photos.
Le jour n'était pas encore parti que la ville avait déjà allumé ses propres soleils. Le bleu du ciel resistait mais les lampadaires ont fini par gagner. Leur chaleur jaune a mis le feu aux arbres. La nuit n'avait pas commencé mais la ville n'a pas souhaité attendre.

édition de 15 photos.
Il était là, déjà, quand j'étais petit. Je courais autour de lui sans savoir que je construisais des souvenirs. L'été avait l'odeur d'herbe chaude, d'écorce et de lumière aveuglante. On revenait toujours vers cet arbre, sans savoir pourquoi. Aujourd'hui il me tend encore son ombre.

édition de 15 photos.
La neige avait tout recouvert et les nuages avaient tout éteint. Le ciel avait gagné. Mais au creux de la grisaille, le soleil a refusé de disparaître sans laisser de trace, arrachant les arbres à leur propre matière, les réduisant à de pures silhouettes noires sur fond de braises. La nuit attendrait encore un peu.

édition de 15 photos.
On croit les tenir. On croit que ce rouge éclatant, ce rire, cette façon de courir sans raison, que tout ça durera. Mais ils sont déjà flous, des fantômes joyeux, pressés d'aller vivre. Un jour le rouge s'estompe, le mouvement ralentit, et il ne reste que le souvenir de ce qu'ils étaient.

édition de 15 photos.
Mille fenêtres, mille vies empilées les unes sur les autres, chacune séparée de sa voisine par quelques centimètres de plâtre et des années de silence. Elle les contient toutes sans en connaître aucune, sans jamais chercher à savoir ce qui se passe derrière ces volets, ces rideaux tirés, ces lumières qui s'allument et s'éteignent.